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"Ici la beauté est celle d'un passé démystifié" |
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Ici la beauté est celle d'un passé démystifié, débarrassé de sa reposante nostalgie et de sa fierté protectrice. C'est de la vie qu'il s'agit, sans autrefois ni demain, du flux continu de l'énergie vitale de la transformation permanente et tragique. On ne sait d'ailleurs plus où l'on est dans ce présent aux couleurs de l'érosion de la décrépitude et du deuil. Le regard perçoit dans l'instant ce que l'esprit refuse, l'impermanence . On se sent troublé devant ces toiles nues, devant la mise à nue de notre propre impuissance à retenir la vie . Elle sera comme ces murs témoins, délavée, rongée et souillée par le temps. Mais le propos de l'artiste ne s'arrête pas là. Car c'est aussi de l'enfermement qu'elle traite et du désir incertain d'échapper à la toile d'arraignée de la mémoire, du désir de se trouver un térritoire dans l'espace réduit de l'individualité. Qui suis-je dans ce tissu d'habitude? Comment être au présent quand tout nous rappelle à l'ordre ancien, quand seul le passé semble nous définir. Ironique constat d'inconsistance pour une artiste qui porte le deuil de la mémoire et souligne avec force la marque destructrice du temps . Elle pose la question fondamentale de l'être et n'apporte évidemment aucune réponse puisqu'elle nous montre la douleur du chemin, en pessimiste nostalgique. Valérie Chaubin
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